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Arabica record, Gesha à prix d'or : la semaine où le marché du café s'est emballé

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Grains de café fraîchement torréfiés versés du torréfacteur dans le bac de refroidissement

Mardi 7 juillet, l'arabica a signé la plus forte hausse journalière de son histoire à New York : le contrat de juillet a bondi de plus de 48 cents pour atteindre 3,52 dollars la livre. En cause : des pluies torrentielles sur le Minas Gerais, au Brésil, un mouvement de rachat massif des positions vendeuses et des stocks certifiés ICE proches de leur plus bas niveau depuis deux ans.

Cette flambée résume bien la semaine écoulée : un marché sous tension, des records aux enchères et, heureusement, quelques belles nouvelles côté concours et matériel. On fait le point.

Pourquoi le café vert flambe (encore)

Le climat reste le grand responsable. Au Brésil, les pluies persistantes sur le Minas Gerais et São Paulo retardent la récolte et font craindre des fermentations incontrôlées et de la moisissure sur les cerises. À l'inverse, la Colombie affiche des rendements en hausse de 43 % sur un an en juin, grâce à une météo favorable et une meilleure floraison. L'Ouganda, lui, a vu ses exportations de mai reculer de 22 % en volume et de 38 % en valeur.

Combien de temps cela va-t-il durer ? Giuseppe Lavazza, président du groupe italien, estime que les prix resteront élevés pendant au moins deux ans : il faudra deux bonnes récoltes consécutives et une reconstitution des stocks mondiaux pour détendre le marché, alors même qu'un épisode El Niño menace déjà la prochaine récolte de robusta au Vietnam.

Un Gesha ougandais adjugé 350 dollars le kilo

C'est le symbole de la semaine : un Gesha nature de Rwenzori Estate, en Ouganda, a été adjugé 350,02 dollars le kilo lors d'une enchère organisée par Mountain Harvest et M-Cultivo, un record mondial pour un café ougandais. Plus de 1 000 offres ont été enregistrées, pour une moyenne pondérée de 24,32 dollars le kilo sur l'ensemble des lots.

Au-delà du chiffre, le signal est fort : les origines dites « émergentes » n'ont plus rien à envier aux terroirs historiques. Quand le travail à la ferme est irréprochable, la qualité se paie, et c'est toute la filière qui en profite. L'Ouganda vient d'ailleurs de lancer sa première marque nationale de café, « It's in Our Nature », après une année record à 8,78 millions de sacs exportés.

Des podiums mondiaux et un grand rendez-vous parisien

Le World of Coffee de Bruxelles a couronné ses nouveaux champions du monde : le Malaisien Nas Jafaar remporte le Brewers Cup (café filtre), le Chinois Andy Philein s'impose en Coffee in Good Spirits (cocktails au café) et le Belge Benjamin Brassart décroche le titre mondial de torréfaction. Côté Global Coffee Awards, l'Éthiopien Galani Coffee a été sacré meilleur torréfacteur d'Afrique.

En France, on coche déjà la date : le Paris Coffee Show se tiendra du 12 au 14 septembre au Parc Floral de Paris, avec les championnats de France de la profession, dont celui de torréfaction. Avec plus de 800 torréfacteurs dans l'Hexagone, la scène française n'a jamais été aussi dynamique.

Matériel et science de l'extraction

Deux nouveautés ont retenu notre attention. Le suisse Thermoplan a dévoilé le Mikafi, un torréfacteur de table (800 g à 1,2 kg par fournée) avec tambour en verre, courbes de torréfaction en direct et recettes dans le cloud : de quoi démocratiser le micro-batch en coffee shop. Et l'AeroPress Steel, version tout inox à double paroi isolée de la célèbre cafetière, est de retour en stock.

Côté science, une étude de l'Université de Varsovie publiée dans Physics of Fluids confirme ce que beaucoup de baristas constatent au quotidien : au-delà de 5 bars de pression, l'espresso peut « s'étouffer ». Le lit de café se compresse, le débit chute et l'extraction se dégrade. Autrement dit, plus de pression ne veut pas dire plus de café dans la tasse : la finesse de mouture, la distribution et la régularité comptent davantage.

Le mot de Café 1715

Ces records sur le marché mondial, nous les vivons aussi à La Réunion : chaque hausse de l'arabica pèse sur nos achats de café vert. Notre réponse ne change pas : un sourcing rigoureux, des lots choisis pour leur qualité réelle et une torréfaction qui valorise le travail des producteurs. L'enchère ougandaise le prouve : payer le juste prix pour un café d'exception, c'est ce qui fait avancer toute la filière, du planteur à votre tasse.

Professionnels de la restauration et de l'hôtellerie, amateurs curieux : venez goûter nos derniers arrivages à l'atelier de Saint-Paul, on vous racontera ce qu'il y a derrière chaque étiquette.